Histoire
Une origine discrète
Evian est une petite ville fort ancienne et l'origine de son nom diffère selon les historiens. On peut supposer qu'elle s'est d'abord appelé "Evua", mot celte qui signifie eau. Les Romains l'ont ensuite appelé "Aquianum" soit en raison de ses nombreuses fontaines, soit en l'honneur de l'empereur Jovien.
C'est en 517 qu 'Evian semble avoir pour la première fois joué un rôle dans l'Histoire en participant au Concile des 24 cités d'Epaone, localité de la vallée du Rhône soumise aux Burgondes.
Au Xe siècle, Evian prend de l'importance lorsque Humbert aux mains blanches fonde la dynastie de la Maison de Savoie et reçoit de Conrad II, empereur du Saint-Empire romain germanique, le Chablais avec Evian.
L'essor d'une cité
En 1301, le Prince Pierre de Savoie, dit le Petit-Charlemagne, fait édifier un trés beau château fortifié. La ville, à laquelle il accorde de larges privilèges, est entourée de hautes et solides murailles dont on remarque encore aujourd'hui les vestiges. Grâce à l'octroi de franchises, la cité devint alors un centre économique prospère et un lieu de séjour apprécié par les princes de Savoie.
Amédée V et Amédée VI dit le Comte Vert, apportent aussi leur contribution à Evian. Amédée VII, le Comte Rouge, époux de Bonne de Berry, y fait connaître le luxe et les fastes de la Maison de France. Amédée VIII et Louis de Savoie témoignent à leur tour leur sollicitude pour la ville où ils séjournent fréquemment, mais leurs successeurs, par contre, semblent s'en désintéresser, cependant que les Evianais s'enrichissent d'un commerce de plus en plus prospère.
La population s'accroit de tous les Valaisans fuyant les Bernois descendus sur les rives du léman pour y imposer la Réforme. Les Clarisses de Vevey s'installent notamment dans la ville.
Lors de la restauration de la Maison de Savoie en 1569, le Duc Emmanuel Philibert s'installe dans la ville d'Evian qui ajoute à ses armoiries la devise "Deo et Ducis fidelis perpetuo" (Fidèle à Dieu et au Roi pour l'éternité).
Aprés avoir été dominé par les Genevois alliés aux Français, la ville passe de nouveau aux mains des princes de Savoie. L'hôpital, le collège, les couvents des Clarisses et des Cordeliers bénéficient de leurs préoccupations culturelles et charitable.
En 1690, l'armée française victorieuse de troupes savoyardes occupe Evian et améliore considérablement le réseau routier de la région.
Victor-Amédée II, devenu roi de Sardaigne, visite Evian en 1715. Il en goûte les charmes et y fait, par la suite, de nombreux séjours. Il accentue la mode qui depuis quelques années déjà favorisait la ville. Si les vertus curatives des sources locales semblent avoir été oubliées depuis l'époque de l'écuyer Arnold, les eaux d'Evian, dont la réputation grandit, sont en réalité celles des sources ferrugineuses d'Amphion où l'on se rend d'Evian en une demi-heure de trajet en voiture.
Le nombre de "buveurs" s'accroit rapidemment. Les souverains du Piémont marquent leur prédilection pour Evian. Il y reçoivent somptueusement et la vie mondaine est des plus brillantes. La première maison de jeux est ouverte en 1787.
En 1792, les Evianais s'enflamment pour la Révolution et accueillent avec enthousiasme les troupes françaises.
La reconnaissance d'une ville d'eaux
Les autorités impériales se montrent favorables aux villes
d'eaux et le préfet du Léman conçoit un vaste plan d'urbanisme pour Evian. Encouragés par la remarquable guérison du marquis de Laizer par l'eau de la fontaine Sainte-Catherine, actuellement Source Cachat, les buveurs accourent de plus en plus nombreux. Mais l'abdication de l'Empereur ne permet pas la réalisation de ce projet.
En 1815, les troupes françaises, commandées par un Thononnais, le Général Dessaix, après avoir bousculé les Autrichiens, font une entrée triomphale à Evian. ce qui n'empêche pas le retour de la Savoie au roi du Piémont, Charles IV.
Charles-Félix lui succède. Enchanté du site d'Evian, du climat et de l'eau de la Fontaine Sainte-Catherine qui lui
réussit fort bien, il décrète la construction d'un port et d'un établissement thermal. Ces projets sont réalisés en 1826.
Charles-Albert, à son tour, se montre un grand bienfaiteur de la ville qui, aprés une saison particulièrement brillante, orne ses armoiries d'un cartouche portant l'inscription "Carlo-Alberto Urbs Grata 1934".
La fondation de la société des eaux minérales d'Evian
En 1859, un évènement passe
probablement inaperçu mais devait être d'une importance capitale pour la ville d'Evian : la fondation de la Société anonyme des eaux minérales de Cachat à Evian, société sarde au capital de 400 000 lires qui se transformera dix ans plus tard en "Société anonyme des eaux minérales d'Evian".
Entre temps, en effet, la Savoie était devenue française. Dès lors, la station est lancée et son histoire, étroitement liée à celle de la Société des eaux, se caractérisera, sauf pendant les années de guerre, par un essor continu. En août 1860, l'Empereur Napoléon III visite la ville et lui donne un nouveau nom qui consacre sa destinée: Evian-les-Bains.
Extrait de "Centenaire de la Société des Eaux d'Evian,1859-1959")
La plupart des édifices historiques préservés à ce jour ont été édifiés entre 1870 et 1913, la ville connaissant son apogée de ville d'eaux internationale autour des années 1930.
De 1960 à nos jours
Dans les années 1960, Evian devient la "Belle endormie". Malgré le succès économique de la Société anonyme des eaux minérales d'Evian, dont la production ne cesse de croître, la station thermale perd son dynamisme et la fréquentation diminue. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, le thermalisme français s'enfonce dans un "temps de difficultés", malgré la prise en charge des cures par la Sécurité sociale, créée en 1945. La France doit affronter la décolonisation. Evian perd une clientèle exotique et fortunée d'expatriés qui venait se requinquer au bord du Léman.
Dans ce contexte, Camille Blanc, le maire d'Evian, qui veut inscrire sa ville dans l'histoire, accepte d'accueillir la conférence qui doit mettre un terme à la guerre d'Algérie. Il mourra le 31 mars 1961 dans un attentat perpétré par l'Organisation armée secrète (OAS), les jusqu'au-boutistes de l'Algérie française, qui visait à saboter les négociations pour la paix en Algérie. Après un an de rebondissements et de négociations, les accords d'Evian sont signés le 18 mars 1962, mettant à huit années de guerre.
Quarante ans plus tard, en juin 2003, Evian est à nouveau sous les projecteurs en accueillant le sommet du G8. Pour réveiller la belle endormie, la Ville s'est engagée dans une vaste opération de requalification urbaine, une dynamique à laquelle participent aussi des investisseurs privés.







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